01/06/2025 – Balcon, Berlin

A thought of a day – as rough as on paper

Aujourd’hui j’ai rencontré un hippie.
“Never trust a hippie”, I was told recently. 

J’ai su prendre le moment. Ne pas réfléchir. Suivre et écouter ce que cette personne avait à partager. Berlin a cette capacité et beauté de rassembler toute une panoplie diverse d’individus – croyances, convictions, styles qui differents, mais tous passionnés.
J’ai su parler pour moi. J’ai su dire ‘non’ quand il a cherché à garder contact. Le moment suffisait. Je n’ai pas tenté de plaire ou de satisfaire – j’étais. And it feels good. 

** Petite observation de ce matin: 

Ce phénomène berlinois des parents qui viennent rendre visite à leur progéniture. Ce contraste amusant entre les enfants qui, eux, cherche à pousser l’extravagance vestimentairement (ce qui semble être indispensable à Berlin), et leurs parents généralement ‘classiques’, ‘génériques’, (sac à dos, sandales confortables, short multi usage..)  parfois même un peu ‘posh’ qui viennent les démasquer, trahir dans leur jeu de ‘wanna be trashy’, dans leur mascarade.  Plus tu sors du commun, plus tu oses, plus tu es ‘Berlin’. 

Je me permets parce que j’en fais très probablement partie. C’est juste que je le vois souvent en ce moment et que c’est digne d’une série photo assez comique. 

Ce Phénomène qui est né initialement par pure nécessité – des individus qui étaient/sont viscéralement “différents” (de ce qui était/est majoritairement adopté au niveau sociétal), de la manière la plus authentique possible – de trouver refuge quelque part, de se sentir accepté, quelque part, être reconnu, soutenu, compris. 

Aujourd’hui c’est devenu une mode – une tendance – un ‘lifestyle’. Briser les codes. De manière intentionnelle. Et c’est là la différence: l’intentionnalité. 

Je généralise, certes, mais l’idée y est.

Ironiquement, cet élan a fini par dénigrer toute sorte de sobriété – qui elle est devenue inintéressante. Je parle ici de la sobriété extérieure – que ce soit physique, vestimentairement… Il faut se déguiser maintenant pour faire partie. Intentionnellement – au grand malheur de l’authenticité. 

En effet,  je suis trop classique. Je fais “clean girl”. Cheveux longs, couleur naturelle, vêtements “classiques” , pas de tatouage visible, pas de maquillage extravagant… de l’extérieur, rien de dingue. Aucun signe extérieur d’un parcours de vie difficile, à devoir assumer quelconque différence. 

Alors par exemple, Non je ne rentre pas au Berghain. L’extérieur ne match pas. Ma vie est trop douce. 

Et pourtant j’aime danser. Danser à en transpirer et ne plus tenir debout. Seule. Envie constante de décoller. J’ai de l’énergie et la dépenser est viscérale. 

Ironiquement, c’est en dansant que je casse les codes, moi. Mais il faut me rencontrer pour ça. Ou même pas. Seulement m’observer. Mais alors quoi? Consciemment tromper son authenticité, s’adapter pour rentrer la case et prouver ‘le contraire’. C’est contre intuitif. Je n’aime pas cette direction. C’est se tromper soi-même. 

C’est drôle: On dit des hippies que ce sont juste des personnes de milieu tout à fait aisés, qui décident consciemment d’abaisser leur mode vie, de prétendre avoir besoin de peu, se déguiser & s’approprier des cultures, faussement jouer un rôle d’acteur. Faussement ?s’identifier? au malheur et à l’inconfort d’autres personnes, qui elles, ne le font pas par choix mais par pure fatalité de vie. Le tout en ayant un compte en banque bien rempli au cas où ils se lassent doucement ou que la restriction ne leur convient plus.  

Mais mis à part le jugement et la dénigration que ‘les hippies’ peuvent exprimer à l’égard de personnes qui n’empruntent pas le même chemin – est-ce qu’on ne ferait pas exactement la même chose à Berlin mais sous une autre forme plus subtile? 

Je pars sûrement loin, mais ça me traverse l’esprit. Je ne veux pas m’adapter. Berlin est connu justement pour être un endroit où chacun peut être exactement ce qu’il est – en sa forme la plus pure et honnête – et c’est justement ce que je suis venue chercher ici: Être moi-même, cesser de m’adapter, de satisfaire, de vouloir plaire, de vivre pour le regard des autres. Alors pourquoi j’en ressens encore une fois la nécessité? 

Cette acceptation de soi-même et liberté d’expression ne devrait pourtant être pour n’importe qui – des plus extravagants au plus sobres. Une explosion de manières différentes – à condition que ce soit honnête et authentique, non?

03/09/2025

Plot Twist – je suis entrée au Berghain. Je me suis déguisée en partie. C’était un 50/50. Je réfléchis encore…